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Travailler mon deuil. Trois mots qui pèsent. Apprendre a se détacher sans pour autant oublier. Je l'ai remplacé secrètement, aujourd'hui c'est douloureusement qu'on m'enlève les ½illères.

"J'espère au moins que tout ce mal fera un bien."
Tu sais, c'est un mal interminable, un trou sans fond; la seule chose infinie qui puisse s'équivaloir de sept lettres en chair et en poils n'est pas là. Le soir où je me meurs.

Amour amitié, n'est-ce pas là un peu la même chose?
Qui donc, âme perverse, a pu inventer une si noire nuance? N'aimons nous pas dans ces deux cas? Plus ou moins, tout est question d'intensité.
Aimons-nous les sexes? Qui aimons nous réellement: l'âme ou l'enveloppe corporelle? Réfléchissez bien.
Avez-vous déjà perdu un être cher? Rappelez vous de cet être si cher, que voyez vous? Des traits principaux déjà flous, et pourtant toutes ces émotions partagées, tous ces sentiments intacts, inébranlables malgré le décalage spatiotemporel..


Famille. Si je pouvais la choisir, je ne serai pas dans ce chaos chinois.
Tous ces chinoiseries me rongent énergiquement. Treizième, commérages malsains. Famille, atroces rumeurs. Tradition et discrétion; voilà les mots clés de la civilisation chinoise. Des mots qui nous rendent honteux pour des choix qui ne conviennent pas à la communauté, des mots qui nous tiennent au cou, des mots qui nous empêchent de souffler. Vivre pour survivre.

Des vérités qui dérangent. Des paroles qui démangent.
Je suis l'âme pervertie dans leur monde. Entendez.. Ils vont même jusqu'à accuser le nombre d'enfants d'être à l'origine de tant de maux. Quel rapport? Oh oui, qu'ils sont bêtes et dénués de sens !
Mais oui bien sûr, maintenant je n'aurais pas dû naître, et ta fille elle est normale dans sa tête? Et ton fils il est en bonne santé? Je ne vais pas fouiller dans ce qui ne me concerne pas, moi. Déplorable, affligeant, inimaginable !

J'ai comme seule famille des gosses, une mémé, un bon à rien, une terrible soeur et une cousine.
Le dernier point me sauve d'une dépression abyssale. Seule main prête à me relever, une aide colossale et sincère. Que de tentatives d'expressions mais les véritables pensées ne sortent pas, de peur de trancher ma gorge tel un couteau de boucher.. Le monde est incroyablement injuste. C'est ainsi que je me soumets à lui, pétrifiée.. Vaincue.

J'ai trop d'amour propre pour subir sans broncher. Ce besoin de liberté qui me fait passer pour folle. Mortel.
Etre dure et hautaine. Voilà ce que représente un membre de ma famille. Néanmoins c'est un rôle qui est respecté, cela montre sa force d'esprit. Devenir forte pour ne pas se faire écraser. Ca passe ou ça casse ici bas..
J'ai le regard triste des personnes réalistes, le regard voilé de toutes sortes d'émotions.. Trop d'expériences habitent mon jeune corps. J'ai des plaies partout, elles ne cicatrisent pas, elles s'ouvrent quand l'envie leur dit. Y'en a d'autres qui se chevauchent pour faire encore plus souffrir.

# Posté le mardi 10 juillet 2007 13:49

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 18:08

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